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Un travail de fourmi... manioc

Isabelle BOULOGNE a présenté son travail de thèse sur la fourmi-manioc
Mise à jour le 18 novembre 2011
 

Acromyrmex octospinosus demeure un des ravageurs des cultures les plus problématiques en Guadeloupe et dans d’autres pays du Nouveau monde. Quelles solutions les plantes pourraient-elles apporter ? Focus sur une collaboration entre l’Inra et l’Université Antilles-Guyane.

 

Le 17 novembre 2011, la salle du Conseil de l’Université était comble. C’est que la fourmi-manioc est connue depuis longtemps des services de police : arrivée en passagère clandestine en Guadeloupe vers 1954, elle n’a plus cessé ses actes de délinquance envers les plantes cultivées, et plus récemment envers les milieux naturels. Cantonnée dans un premier temps à Morne à l’Eau, elle a pris ses quartiers en Grande-Terre, a traversé la Rivière Salée et est désormais chez elle partout.

La lutte chimique ayant montré ses limites, et surtout ses dangers, une piste a été explorée par Isabelle Boulogne, dans le cadre d’une thèse réalisée à l’Inra de Petit-Bourg, sous la direction de Gladys Loranger-Merciris.

L’idée de départ a été de s’appuyer sur le réseau TRAMIL, qui mène enquêtes et recherches sur les usages traditionnels des plantes dans la Caraïbe, pour la santé humaine. Ce réseau s’appuie sur les usages effectifs de préparations de ces plantes par les populations.

Isabelle a donc choisi quelques espèces végétales, traditionnellement utilisées pour leurs effets insecticides ou fongicides. L’objectif étant de pouvoir avoir un impact contre les fourmis, et/ou contre le champignon symbiotique qui constitue leur nid souterrain.

Le travail a consisté à reproduire les préparations traditionnelles de ces plantes, et les utiliser dans différents dispositifs pour tester leurs effets insectifuges, insecticides, fongicides, par contact, par ingestion, dans des boîtes de Petri ou en utilisant des nids artificiels.

Deux plantes semblent sortir du lot : l’abricot-pays, Mammea americana, dont le noyau est connu pour ses propriété anti-poux, et la casse ailée ou dartrier, Senna alata pour ses propriétés contre une maladie fongique provoquant des dépigmentations de la peau.

Au-delà de l’intérêt de ces plantes pour mettre au point des méthodes de lutte, se posent des questions loin d’être résolues à ce jour.
- Quelles stratégies développer pour les utiliser ?
- Comment adapter la réglementation, puisque l’utilisation de substances naturelles ou de préparations de plantes est soumise aux mêmes procédures d’homologation que les produits phytosanitaires ?

Voir en ligne : En savoir plus sur le réseau TRAMIL