Oignons

Culture des oignons aux Antilles
Mise à jour le 30 octobre 2012
 

Longtemps, l’opinion la plus répandue a été que la culture de l’oignon était impossible aux Antilles. Pourtant, il entre pour une part importante dans nos importations et il serait intéressant de développer cette culture aux Antilles-Guyane, sa consommation étant très importante. Il s’avère que sa culture est possible en conditions tropicales, sans irrigation avec des semis d’octobre à décembre pour récolter de février à mai. A titre d’exemple, Barbade qui s’était orientée vers la production d’oignons dans les années 67-68 produisait 5 ans plus tard 2 000 tonnes par an avec des rendements de 10 tonnes à l’hectare.

 

L’oignon Allium cepa L. a été étudié par l’INRA dans les années 70, ce qui a permis de préciser les points suivants :

Zones favorables à la culture

Ce sont les zones sèches et à sols avec des pH basique c’est-à-dire pour les Petites Antilles : Barbade, Antigua, la Grande-Terre et Marie-Galante en Guadeloupe et certaines zones du sud de la Martinique.

La production de bulbes

On peut planter de trois façons : semis direct, repiquage de plants, plantation de bulbilles.

- Semis direct : c’est la solution la plus économique mais demande une grande technicité pour la préparation des lits de semence. Elle exige un matériel important et l’utilisation des désherbants chimiques. C’est la technique qui était la plus couramment utilisée à la Barbade. Elle permet une mécanisation totale de la culture.

- Repiquage : les graines sont semées en pépinière et plantées environ 40 jours après le semis. Technique exigeante en main-d’œuvre mais demande moins de matériel et se satisfait d’une préparation du sol moins soigneuse que le semis direct. A notre avis, elle pourrait convenir aux petites exploitations familiales qui pratiquent traditionnellement la culture des cives.

- Plantation de bulbilles : les bulbilles produits en fin de saison sont conservées jusqu’au moment de la plantation. En 1972, nous avons procédé de la façon suivante : semis le 3 mars, récolte des bulbilles le 21 avril. Nous les avons conservés puis replantés en janvier 1973 (les températures de conservation conseillées sont entre 0 et 2°C). La récolte a eu lieu le 6 avril. C’est la méthode de culture qui nous paraît la plus simple car elle nécessite une préparation du sol moins contraignante que pour le semis direct mais la plantation peut tout de même être mécanisée.

Le choix de l’une de ces méthodes repose sur la maîtrise de techniques de limitation des mauvaises herbes, particulièrement importante en semis direct.

On cherchera à réaliser une densité de 250 000 plantes/ha, avec 50 cm entre les lignes.

Si la récolte se fait pendant une saison sèche, les bulbes pourront être séchés au champ. S’il pleut, on les séchera sous abris.

La conduite de la Culture

Une fertilisation de l’ordre de 150-190 unités d’azote/150-200 unités de Phosphore/ 250-300 unités de Potasse est recommandée. L’irrigation sera utile de la germination au stade 6-7 feuilles. Il faut surveiller les attaques de Thrips, de mineuses et diverses chenilles. L’Alternariose n’est pas trop sévère dans les zones recommandées.

La Production de graines

Dans le but de tester les possibilités de sélection de variétés mieux adaptées à nos conditions, nous avons cherché à produire des graines d’Oignon en Guadeloupe.
Nous avons planté des bulbes de diverses variétés le 11 octobre 1972 à St-François, et début février 1973 nous avons récolté des graines sur les variétés qui avaient fleuri, ce sont 4 variétés introduites du Niger par Mr Nabos de l’IRAT : 2 blanches et 2 violettes.
Les graines que nous avons semées ont très bien levé, ce qui montre qu’une production de graines d’oignons est possible aux Antilles. On pourrait donc y envisager la sélection de nouvelles variétés.

La Multiplication végétative

Des essais à partir de variétés provenant d’Haïti ont été réalisés par C.-M. Messiaen et ont montré que les oignons pouvaient se multiplier par voie végétative, dans un rapport de un à 5.

Dans les années 1978, le comportement en zone tropicale, d’hybrides F1 d’oignon entre variétés sensibles à la photopériode et une variété indifférente. Ce travail a été publié dans les Annales de l’Amélioration des Plantes, 28 (2) : 223-220.

Perspectives

La culture de l’oignon semble théoriquement possible aux Antilles. La Barbade a été un pays producteur dans les années 70, et en moins de 5 ans est devenue exportatrice. Il reste néanmoins à démonter la faisabilité technique en contexte de diminution d’usage des pesticides, et l’intérêt économique d’une production locale.

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Type de résultat :

Procédé bio-technique

Avancée du sujet :

A approfondir

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Domaine public

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Enjeux :

Gestion des ressources

Concepteur(s) :

Claudie PAVIS