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La canne à sucre dans l’alimentation animale

Pratique de la polyculture associée, un exemple de témoignage
Mise à jour le 21 février 2013
 

Philippe ROTIN est un agriculteur et un éleveur engagé, qui aime communiquer sur son métier, et qui gère de main de maître son exploitation à Baie-Mahault où il pratique la polyculture associée au poly-élevage.

 

Désireux de promouvoir l’agriculture avec la notion de biodiversité locale, et soucieux de contribuer au développement de l’élevage du cochon créole à travers la pratique de l’agriculture paysanne, il anime, en tant que président, l’association de Sauvegarde Organisée et de Sélection du Porc Indigène de Guadeloupe (SOSPIG).

Ayant choisi la pratique de l’agriculture paysanne, c’est en 1997 qu’il décide de développer l’élevage pour pouvoir mettre en place un système de production « agriculture élevage »
Il débute son exploitation par une production de banane sur une parcelle, puis met en place une culture de cannes avec pour objectif principal d’assainir le sol par le principe de la rotation des cultures ; cette canne pouvant être enfouie après une année ou vendue en distillerie. Sachant par ailleurs que l’élevage est un excellent pourvoyeur de fumier que l’on peut composter, et qui sert à amender le sol (meilleure conservation et meilleure régénération), iI lui semble alors opportun de mettre en place une production de cochons afin de transformer cette ressource en viande.

L’ objectif constant de P. Rotin va alors être la recherche d’une autonomie de l’exploitation et pour lui, cela passe par la rotation et l’association des cultures d’une part, et la complémentarité entre les productions végétales et animales d’autre part. Cette pratique est optimale quand les espèces utilisées sont issues de la biodiversité locale et c’est cela qui explique d’ailleurs son choix du cochon créole.

A la question de savoir quelles différences on peut observer entre son élevage et d’autres de la région, il avoue ne pas disposer d’éléments de comparaison approfondis, car il n’a jamais pratiqué d’autres types d’élevage. Cependant, les nombreux visiteurs qu’il reçoit sur son exploitation observent que ce système n’est pas polluant et ne dégage pas d’odeurs gênantes comme c’est le cas pour les élevages plus intensifs.

Les retombées économiques observables, pour ce qui concerne la description du système, s’évaluent via la restitution du compost au sol qui permet de faire des économies en intrants chimiques (engrais) tout en augmentant la résistance des plantes aux maladies. Par ailleurs, du fait que les animaux sont nourris en partie à base de sous-produits de l’exploitation, il y a diminution du coût de production. Sur le plan commercial, la viande de cochon créole nourri à la canne à sucre se vend très bien eu égard à la qualité de la viande de cochon créole et bien sûr au type d’alimentation des animaux.

Si ce procédé s’est bien répandu parmi les éleveurs, il reste encore limité à l’élevage de type familial, les agriculteurs ne le développant pas suffisamment sur l’exploitation et préfèrant pour diverses raisons les élevages de type intensif.

Cette aventure a commencé avec l’INRA Antilles-Guyane qui est le partenaire privilégié de la SOSPIG et le résultat en est positif pour cet agriculteur. Aujourd’hui cependant, l’association des éleveurs souhaite aller plus loin et demande de poursuivre l’opération afin cette fois, de répondre au besoin en protéines pouvant être produites sur l’exploitation. P. Rotin pense que le partenariat pourrait aussi davantage évoluer sur le principe d’une approche d’un système de production, plus que sur une étude de performance liée à une alimentation bien précise.