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Traitements ciblés des petits ruminants

Traitements ciblés des parasites gastro-intestinaux des petits ruminants
Mise à jour le 21 février 2014
 

Cette fiche propose des méthodes de traitements anti-parasitaires basées sur la surveillance de l’état d’anémie des animaux.

 

Le problème des traitements anti-parasitaires

Les pertes dues aux parasites gastro-intestinaux (vers) peuvent dépasser 50% du potentiel de production d’un troupeau caprin ou ovin.
La méthode de lutte la plus répandue consiste à traiter tous les animaux du troupeau avec un médicament anthelminthique (drogage). A cause de ces traitements répétés, les populations du parasite deviennent résistantes, et le médicament devient totalement inefficace.

Une solution envisageable pour conserver l’efficacité des médicaments passe par le maintien d’une majorité de parasites sensibles, dans un "refuge" où ils ne seront pas soumis à ces médicaments. Cela revient à renoncer à traiter systématiquement tous les animaux du troupeau, à l’exception de ceux qui sont incapables de surmonter le parasitisme par eux-mêmes.

Les travaux de l’INRA sur la résistance aux anthelmintiques

Dès 1985, l’INRA Antilles Guyane a mis en évidence en Martinique une souche d’Haemonchus contortus (ver de la caillette) résistante au fenbendazole et aux autres anthelminthiques de la classe des benzimidazoles. Cette souche résulte de 6 années d’utilisation systématique du fenbendazole. Dix ans plus tard des enquêtes en ferme réalisées avec le CIRAD (1995) ont montré que la résistance aux benzimidazoles était présente dans la quasi-totalité des troupeaux guadeloupéens et martiniquais. Un étude similaire réalisée fin 2011 en Guadeloupe montre que sur une vingtaine d’élevages, 100% présentent des parasites résistants aux benzimidazoles, 80% au lévamisole, 80% à l’ivermectine, et déjà près de 20% à la moxidectine, le dernier médicament apparu sur le marché.

Une méthode de traitement adaptée

L’INRA Antilles Guyane a donc entrepris d’appliquer et d’évaluer une méthode de traitement ciblé mise au point pour les moutons en Afrique du Sud, puis d’intégrer son usage à l’échelle de l’élevage.

Le parasite provoquant une anémie chez les animaux, la méthode consiste à surveiller l’état d’anémie au sein du troupeau, et à ne traiter que ceux qui sont le plus atteints. Il suffit pour cela d’observer la couleur de l’intérieur de la paupière.

La méthode marche très bien sur des chèvres reproductrices, avec un examen toutes les deux semaines. En moyenne, une chèvre sur deux seulement a besoin de drogage à un moment ou à un autre.

Par contre nous ne la préconisons pas pour des jeunes chevreaux, jusqu’à l’âge de 6 mois environ.

Quel effet sur la production ?

La production des chèvres allaitantes est peu affectée. La croissance des chevreaux est diminuée de 5 à 10% en moyenne, ce qui est peu par rapport aux pertes prévisibles si les parasites deviennent résistants à tous les anthelminthiques (mortalité des jeunes de plus de 50%). La consommation d’anthelminthiques par les chèvres peut être réduite de l’ordre de 80% par rapport aux 3 traitements systématiques (à la mise bas, en milieu et en fin de lactation) classiquement recommandés.

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Type de résultat :

Procédé bio-technique

Avancée du sujet :

Abouti

Condition d’utilisation :

Domaine public

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Enjeux :

Réduction des intrants

Concepteur(s) :

Maurice MAHIEU