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Lutte alternative contre la tique créole du bétail

Méthode alternative de contrôle de l’infestation des bovins par la tique du bétail Rhipicephalus microplus en Nouvelle-Calédonie.
Mise à jour le 30 janvier 2017
 

Dans les élevages de bovins, les tiques provoquent des pertes importantes directement, ou par les maladies auxquelles elles sont associées. De plus, ces parasites développent des résistances aux produits acaricides. C’est pourquoi la mise en œuvre de méthodes alternatives de lutte est importante pour diminuer l’infestation d’un troupeau. L’INRA s’est associé à l’IAC de Nouvelle-Calédonie pour mettre au point une méthode de quantification de l’infestation.

 

Les tiques du bétail représentent un danger important pour les herbivores du fait des pertes qu’elles occasionnent directement, ou par les maladies auxquelles elles sont associées.

En Nouvelle Calédonie, comme dans d’autres régions tropicales, la tique Rhipicephalus microplus entraîne des pertes directes très élevées dans les troupeaux bovins. De plus, des phénomènes de résistance des parasites aux produits acaricides utilisés commencent à se généraliser, et ce problème devient de plus en plus préoccupant dans les régions d’Outre Mer. Aujourd’hui, la mise en place de méthodes alternatives de contrôle de l’infestation par les tiques devient une priorité.

L’Institut Agronomique néo-Calédonien travaille sur des méthodes de lutte alternatives permettant de limiter l’infestation d’un troupeau de manière significative et durable.

En collaboration avec l’INRA, une méthode a été mise au point pour évaluer le niveau d’infestation de manière précise, simple et pratique.

Différentes utilisations sont envisagées, pour la conduite des troupeaux, la gestion du renouvellement, et l’amélioration génétique. L’application de cette méthode permet l’élimination des individus les plus infestés par les tiques et l’identification de lignées de bovins plus résistantes. Dans les troupeaux sur lesquels la méthode a été expérimentée, 13 % des animaux – les plus infestés - hébergeaient 39 % des tiques de l’ensemble du troupeau.

Des essais de même ordre réalisés en Australie ont montré que l’impact sur la rentabilité de l’élevage pouvait se traduire à 3 niveaux :
1. La charge parasitaire des troupeaux peut être diminuée de façon durable, autorisant à terme la réduction des traitements.
2. Le poids des bovins à 12 et 18 mois peut être augmenté, l’effet négatif de l’infestation par les tiques sur leur croissance étant réduit.
3. Les pertes de l’élevage sont limitées par l’élimination des animaux les plus sensibles avant qu’ils ne meurent.

La méthode mise au point et testée en Nouvelle Calédonie est opérationnelle. Son application doit être poursuivie pour valider les premiers résultats. Elle ouvre des perspectives pour la sélection de bovins résistants aux tiques.

Par ailleurs, elle représente un outil facilement utilisable en élevage dans des stratégies de lutte alternative contre les tiques, dans les régions tropicales confrontées à la tique Rhipicephalus microplus, et à ce titre elle intéresse d’autres régions d’Outre Mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion).

Auteurs : Thomas Hue (IAC) et Michel Naves (INRA-URZ).
Photo : Jeune bovin mort, infesté par les tiques © IAC / Thomas Hue

IAC : Institut Agronomique néo-Calédonien
URZ : Unité de Recherches Zootechniques

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Enjeux :

Amélioration génétique/maladies ravageurs

Réduction des intrants

Concepteur(s) :

Michel NAVES

Thomas HUE

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Jeune bovin mort, infesté par les tiques