Accueil du site > Témoignages > Une agriculture à l’écoute de la recherche agronomique

Une agriculture à l’écoute de la recherche agronomique

Parcours d'un agriculteur qui développe des techniques de travail inspirées de la recherche agronomique
Mise à jour le 16 juin 2017
 

« J’ai toujours favorisé des contacts avec la recherche afin de puiser des informations utiles, pour mener à bien mes travaux, développer et valoriser mon exploitation. »
Le parcours de François Sizam-Bastareaud, révèle une passion pour l’agriculture qui remonte à l’enfance.

 

A la base, il a été formé à l’Ecole pratique d’agriculture, qui est l’ancêtre du Lycée agricole. Puis il a bénéficié de stages et emplois de technicien agricole dans des exploitations et des SICA. Après une parenthèse de 16 ans où il a travaillé pour la Police nationale, il a passé quelques années comme administrateur de la Chambre d’agriculture de la Guadeloupe, de BANAGUA, de l’Association puis du Syndicat des producteurs de melon, et de la Caisse Locale du Crédit Agricole de Saint-François.
Aujourd’hui, il coordonne les activités d’une exploitation de plusieurs hectares située à la Pointe des Châteaux – Saint François.

Très vite, François Sizam-Bastareaud saisit l’opportunité de nouer des contacts avec le monde de la recherche agronomique. Il confie : « J’aimais me rendre sur les sites de l’INRA pour regarder les progrès réalisés. Et puis, quand on travaille avec les chercheurs, on évolue. L’agriculture est en évolution permanente ».
Soucieux de bonifier sa technique de travail, de disposer de matériel biologique de qualité, il échange régulièrement avec des équipes des centres de recherche locaux et accueille des dispositifs expérimentaux.
Dès 1987, il noue des contacts avec des généticiens de l’INRA. A cette époque, il bénéficie des recommandations de Joseph Maniry et Pulchéry Mathurin.
« Guy Anaïs aussi m’a été de bons conseils en particulier pour les cultures maraîchères et vivrières », renchérit-il.
Plus tard, il appliquera les suggestions portant sur la diminution du poids des semenceaux d’ignames et testera régulièrement de nouvelles variétés créées par l’INRA.
Grâce à ses contacts avec Marceau Farant, des essais de plantation mécanique de l’igname au moyen de la planteuse-billonneuse seront effectués sur ses parcelles.
Le caractère multi-activités de son exploitation sera propice à la pratique de plusieurs disciplines scientifiques : la recherche en zootechnie y apparaît notamment via des interventions sur un cheptel de caprins de plusieurs centaines de têtes et la conduite d’une expérimentation, menée par Harry Archimède, sur une légumineuse.
Des travaux ont également été menés sur la physiologie de l’igname avec Victor Vaillant, tandis que Jean Etienne a aidé au diagnostic des insectes lui posant problème.
Cependant, François Sizam-Bastareaud a lui-même entrepris des travaux d’amélioration qui ont mené à la sélection d’une nouvelle variété de grenadille (Passiflora edulis). Il explique : « Cette variété est née d’un défi. Un responsable commercial de Rungis reprochait fréquemment aux grenadilles en provenance de Guadeloupe d’être de moins bonne qualité que celles de La Réunion. Je me suis alors dit qu’il était nécessaire de faire quelque chose. Il m’a fallu des années et essuyer quelques échecs avant de parvenir à un résultat satisfaisant ».
Non content de faire fructifier son savoir, il a aussi accepté de le partager avec les plus jeunes en accueillant régulièrement des stagiaires – certains d’entre eux gérant aujourd’hui leur propre exploitation.
« Mon plus gros défi a été d’abandonner, en 1986, un poste dans la fonction publique pour reprendre à mon compte une exploitation de plusieurs hectares, laissée à l’abandon depuis 30 ans. A l’époque, mon épouse et moi devions élever six enfants ».

Et de conclure : « Ce que j’ai réussi à faire en agriculture, c’est aussi parce que j’ai toujours travaillé avec le monde de la recherche ».

***

info portfolio