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Le Poirier-pays dans tous ses états

Les ressources génétiques de Poiriers-pays en Guadeloupe
Mise à jour le 25 juillet 2017
 

Pour tenter de mieux valoriser le Poirier-pays en Guadeloupe, l’INRA et l’ONF ont mené depuis la fin des années 80 des travaux pour tenter de résoudre le principal problème de cette espèce : la mauvaise conformation du tronc, rendant difficile son exploitation comme bois d’œuvre. Des prospections ont été menées en Guadeloupe, et aux Antilles dans toute son aire de répartition, afin de rassembler du matériel pouvant servir de base à l’amélioration génétique, et pour mieux connaître sa diversité morphologique et moléculaire. Des connaissances ont été acquises, et les ressources sont à ce jour conservées sur le site INRA de Godet, à Petit-Canal. Elles pourraient être valorisées dans le cadre de la filière bois, et aussi pour leur intérêt pédagogique.

 

La Guadeloupe, comme nombre d’îles des Caraïbes, est confrontée à une diminution des espaces forestiers, notamment à proximité des zones habitées et dans les zones de production de grandes cultures. Certaines zones sont actuellement en friches et gagneraient à être valorisées, y compris dans leur destination initiale, nécessitant alors la réintroduction de couvert arboré.

Des études préliminaires conduites par l’INRA ont mis en évidence que le poirier-pays (Tabebuya heterophylla), une espèce locale, faisait partie des candidates idéales pour un tel objectif de reboisement, particulièrement pour les territoires à saison sèche marquée. Les aspects technologiques de cette essence sont également favorables, avec des possibilités d’usages diversifiés et de qualité pour le bois produit : valorisation pour le charbon de bois, valorisation plus noble en menuiserie ou en ébénisterie.

Le problème principal pour un usage noble est la conformation du tronc qui montre de nombreuses cannelures, elles-mêmes issues du modèle architectural du poirier comme l’ont mis en évidence les recherches menées par l’INRA sur la diversité morphologique du poirier-pays.

Des travaux de recherches ont alors été conduits, sur l’adaptation au milieu et sur la conformation et la croissance de l’arbre en plantation. Ces travaux ont fait l’objet d’un partenariat entre les gestionnaires forestiers (l’ONF), les institutions publiques, politiques et financières et l’INRA entre 1986 et 1992. Un schéma simple de sélection récurrente a été mis en place, et a nécessité des premières prospections en Guadeloupe, puis plus largement aux Antilles, afin de rassembler du matériel, sous forme de greffons, issus d’arbres sélectionnés pour leur forme et pouvant servir de base à ce projet d’amélioration génétique.

Ce schéma de sélection a conduit l’INRA et l’ONF à mettre en place un premier test de descendances sur le site de Maisoncelle à Petit-Canal. Sa diversité morphologique et écophysiologique a pu être évaluée, ainsi que comme quelques critères de phénologie et de croissance, et ce suivant les descendances testées. Après avoir montré que la forme du tronc était héréditaire et potentiellement sélectionnable, L’INRA a transmis à l’ONF les méthodes de sélection, incluant la manipulation et la conservation de pollen, ainsi qu’un verger à graines en conteneurs qui a été installé à la pépinière de Blanchet à Gourbeyre.

Le procédé de sélection nécessitait cependant d’évaluer et mieux comprendre le régime de reproduction du poirier-pays, à partir d’une connaissance plus fine de sa biologie florale et des vecteurs de pollinisation.

Il s’agissait également de vérifier et de comprendre la diversité génétique du matériel rassemblé et de la comparer avec la diversité du poirier au sein de son aire naturelle géographique, les petites Antilles ; pour cela, une nouvelle prospection a été menée sur l’ensemble des îles de la Caraïbe .

Cette nouvelle récolte de greffons a amené l’INRA à installer une collection de poiriers-pays sur les sites de Duclos à Petit-Bourg et de Godet à Petit-Canal. Des études complémentaires ont pu être menées sur la phénologie, l’écophysiologie, et la caractérisation de la diversité génétique au sein de l’archipel antillais. Ces études ont été menées en collaboration avec l’INRA de Bordeaux l’Université Antilles-Guyane.

Enfin, la collection installée sur le site INRA de Godet, qui comporte près de 200 arbres représentatifs de l’aire de répartition du Poirier-pays, a fait l’objet d’une convention avec l’ONF pour sa valorisation pédagogique. Des visites, autour d’un parcours de découverte, peuvent ainsi être organisées pour les scolaires ou le grand public. l’INRA souhaite ainsi développer une communication autour de ces ressources génétiques, pour en faire bénéficier le grand public et le monde de l’éducation.

Il sera ainsi possible de mieux connaitre pour mieux valoriser une espèce locale qui associe des intérêts environnementaux et économiques.

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Enjeux :

Amélioration génétique/maladies ravageurs

Biodiversité

Gestion des ressources

Concepteur(s) :

Chantal FLEREAU

Claudie PAVIS

Patrick LABBE

Serge PRÉDINE

Théodore MÉZINEL