Composts

La qualité des composts en Guadeloupe
Mise à jour le 29 août 2017
 

Depuis 2007, l’INRA Antilles-Guyane travaille sur la thématique des composts. La Guadeloupe dispose d’un important gisement de déchets organiques, favorable à la production de composts. Nous avons analysé la valeur agronomique de près de 150 composts, et expérimenté au champ et en serre pour évaluer leur effet sur les cultures. En outre, des travaux de modélisation ont permis d’évaluer leur impact sur l’évolution de la fertilité organique des sols. Les composts ont un rôle majeur à jouer pour faire face aux effets négatifs du réchauffement climatique sur les sols guadeloupéens. Les politiques publiques mériteraient d’être adaptées pour promouvoir leur usage par les agriculteurs de Guadeloupe.

 

Cet article résume les résultats obtenus par l’INRA sur la thématique des composts. Le rapport complet est téléchargeable en bas de page.

Nous avons analysé les gisements de déchets organiques en Guadeloupe, et montré que la production potentielle de composts peut couvrir de 50 à 80% des besoins en matière organique (MO) des sols guadeloupéens à l’horizon 2040.

Dans le rapport, nous rappelons les processus biologiques et physico-chimiques impliqués dans le compostage, et nous détaillons les avantages et contraintes des différentes méthodes pratiquées en Guadeloupe, en termes de qualité et d’hygiénisation du produit final.

Nous avons analysé 118 composts et 30 vermicomposts d’origines différentes (industriels, domestiques, à la ferme, et issus de nos expérimentations), pour en définir les qualités. Ils sont pour la plupart riches en minéraux, avec des teneurs en MO et des valeurs amendantes relativement faibles. Les plus fortes valeurs amendantes correspondent aux composts fabriqués à la ferme, à partir de déchets verts ou de fumiers.

De ce fait, les doses nécessaires pour conserver le statut organique des sols de Guadeloupe sont relativement élevées : de 10 à 30 tonnes de compost/ha/an, ce qui peut représenter une contrainte pour les agriculteurs.

De plus, nous avons conduit 4 essais au champ et un essai en serre pour évaluer la réponse des cultures à l’application des composts et des vermicomposts.

En parallèle, un travail d’expérimentation au champ et de modélisation a été mené pour évaluer l’impact des composts sur l’évolution de la fertilité organique des sols de Guadeloupe.

Nous avons montré que les caractéristiques des composts produits en Guadeloupe sont identiques à celles des autres composts tropicaux, du fait de conditions climatiques similaires (pluviométrie et température élevées). La valeur agronomique des vermicomposts n’est pas meilleure que celle des composts traditionnels, à matières premières identiques. La qualité des composts observée en Guadeloupe est variable d’une saison ou d’une année à l’autre, du fait de la variabilité des conditions climatiques.

Nous faisons recommandations sur la procédure de compostage (choix des matières premières, gestion de la biomasse en compostage) afin d’améliorer la qualité des composts, et les rendre plus stables dans le temps. Ainsi, les doses appliquées pourront être réduites.

Malgré les contraintes évoquées ci-dessus, nous avons montré que l’utilisation régulière des composts rend possible la conservation des teneurs en MO des sols guadeloupéens, aussi bien en cultures d’exportation qu’en cultures de diversification. Ainsi, de doses de l’ordre de 50 tonnes/ha à la plantation pour les premières, et de 10 tonnes/ha/an pour le maraîchage, suffisent pour assurer la durabilité de la fertilité organique des sols. En revanche, la réponse de la plante à l’application de composts n’est pas optimale, car leur valeur fertilisante ne permet pas de remplacer complètement les engrais minéraux. Encore une fois, nous n’avons pas observé de différences entre les composts et les vermicomposts en ce qui concerne la réponse de la plante.

La valeur fertilisante des composts doit être gérée dans le moyen terme, afin de donner le temps à la MO issue de l’apport des composts de jouer son rôle de fourniture de nutriments.

En conclusion, nous soulignons le rôle majeur que les composts peuvent jouer pour faire face aux impacts négatifs du réchauffement climatique sur les sols guadeloupéens. Il sera nécessaire d’améliorer leur qualité afin d’accroître leur adoption par les agriculteurs. Enfin, les politiques publiques mériteraient d’être adaptées pour que cet objectif d’adoption soit atteint.

Photos Jorge Sierra

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Type de résultat :

Procédé bio-technique

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Jorge SIERRA

Julie FAVERIAL

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