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Relancer la culture de l’igname cousse-couche

Une start-up dédiée à la production et à la commercialisation de vitro-plants sains.
Mise à jour le 18 juin 2019
 

Richard Arnolin est ingénieur à la retraite. Durant sa carrière à l’INRA, il a mené des travaux en amélioration des plantes, essentiellement sur l’igname. Entre temps, il a participé à la création du Syndicat des producteurs de cousse-couche en Guadeloupe. Après l’étape INRA, il a décidé avec d’autres associés de créer la start-up Caraïbe Vitro-plants (CAVI) dédiée à la production et à la commercialisation de vitro-plants sains.

 

« Il y a quelques années, j’ai été précurseur des travaux d’assainissement sur igname cousse-couche dont la régression était très nette. Les premières sorties de vitro-plants ont été testées sur les parcelles de l’INRA mais aussi chez des agriculteurs. L’objectif était de mesurer la vitesse d’infestation virale en fonction des positions géographiques sur des sites sans précédent igname. Il devenait nécessaire de trouver une zone favorable à la production de semences de cousse-couche de bonne qualité sanitaire ».

Pourquoi la CAVI ?
« Il n’y avait pas de plateforme de diffusion de tubercules sains, qui aurait pu relancer la culture de l’igname cousse-couche. Dans le même temps, les autres ignames - comme Pacala, Saint Vincent - régressaient également. Une structure de production de plants sains nous paraissait indispensable, d’où la création de CAVI. »

Depuis 2015, la CAVI a entamé une collaboration avec l’INRA
« Notre structure ne dispose pas du matériel végétal – matière première – ni de son propre laboratoire pour les travaux de multiplication et d’assainissement des accessions. De ce fait, nous sommes accueillis à l’INRA dans le cadre d’une convention ».
L’institut met à disposition ses créations variétales de cousse-couche, garanties saines. La start-up récupère les vitro-plants, les multiplie, pratique leur sevrage et les transplante en pleine terre. Après deux années de multiplication, les tubercules-semences sont proposés aux agriculteurs pour la production de tubercules de consommation.
« Nous avons, pour l’heure, rejeté l’option d’une production de plants en serre, une démarche qui favoriserait l’obtention d’une première série de tubercules totalement dépourvus de virus. Toutefois, ce type d’infrastructure qui nécessite un investissement lourd et une bonne adaptation aux dimensions de la filière, pourrait, si cette dernière se développe, constituer une option sérieuse ».

Quels projets à court et moyen termes ?
« Dès l’origine, nous avons envisagé de travailler avec des espèces qui comportent une phase d’assainissement ou qui permettent une multiplication de masse (ignames, cultures florales, plantes médicinales). La régression rapide, voire la quasi disparition de beaucoup d’espèces alimentaires ou florales, rend de plus en plus nécessaire un laboratoire de culture in vitro. Il en va de la préservation de la biodiversité cultivée de la Guadeloupe.
« Dans l’immédiat, nous envisageons de travailler avec une nouvelle variété de cousse-couche de couleur violette. Nous étofferons notre équipe technique et souhaitons prolonger notre collaboration avec l’INRA afin de continuer à bénéficier de ses compétences ».

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