Mulch papier

Couverture biodégradable limitant le développement des adventices
Mise à jour le 14 octobre 2011
 

L’enherbement est une contrainte majeure aux Antilles, du fait du climat tropical humide, et de la nécessité de réduire l’utilisation des herbicides. L’Inra, avec l’exploitation du Lycée agricole de la Guadeloupe, a étudié la faisabilité d’utiliser les mulchs papier pour limiter le développement des mauvaises herbes en culture d’ignames. Il réduit le temps du désherbage, évite les compétitions et favorise le rendement en tubercules. Cette technique de paillage papier s’applique dès que l’on maîtrise l’irrigation par goutte à goutte.

 

Contexte. La gestion des mauvaises herbes est un poste coûteux, notamment dans le cas de nombreuses cultures vivrières, pour lesquelles il n’y a pas d’herbicide homologué. L’Inra et l’exploitation du Lycée agricole de Guadeloupe ont réalisé des expérimentations afin d’analyser l’intérêt de l’utilisation d’un couvert papier pour contrôler les mauvaises herbes en culture d’ignames.

Cette technique est déjà connue pour le couvert plastique, par exemple pour le melon en Grande-Terre. Mais le plastique n’est pas biodégradable et sa couleur noire provoque un échauffement du sol, néfaste pour certaines cultures.

Méthode. Pour mettre en place du mulch papier, on déroule du papier kraft épais (200g/m²) et on le fixe au sol en recouvrant les bords de terre. Le papier est fendu au cutter afin de planter le semenceaux sous le couvert. La fertilisation est réalisée juste avant son installation et l’irrigation est assurée au goutte-à-goutte.

Résultats acquis. Nous avons comparé le système de culture classique (trois sarclages manuels) avec l’utilisation de mulchs plastique et papier.

- Sous mulch plastique, une mortalité de 30% des plantes a été observée, du fait des températures excessives qui ont empêché la levée. Seulement 3% de mortalité a été observée dans le cas du mulch papier.

- Nos observations montrent que le mulch papier réduit de trois quarts la biomasse des mauvaises herbes, et permet de diminuer de deux tiers le temps consacré au désherbage. Cela représente une économie de 30 jours de travail par hectare.

- Nous avons montré que le papier utilisé ne présente aucune trace d’éléments polluants ou toxiques pour la plante. Lorsqu’il est incorporé au sol, il se décompose rapidement. Sans travail du sol et en limitant son piétinement, le couvert papier peut se maintenir une année.

Perspectives. L’Inra souhaite promouvoir ce procédé pour d’autres cultures. Facilement disponible et dégradable, respectueux de l’environnement, le mulch papier semble promis à un bel avenir en zone tropicale.

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Type de résultat :

Procédé bio-technique

Avancée du sujet :

Projet en cours

Condition d’utilisation :

Licence de savoir faire

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Enjeux :

Protection de l’environnement

Gestion des ressources

Réduction des intrants

Politiques et territoires

Concepteur(s) :

Jean-Pierre CINNA

Régis TOURNEBIZE

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info portfolio
Exemple de sillon planté sur du mulch papier Mulch papier : rouleau Plants d'igname plantés à travers le mulch papier