Elevage au piquet

L’élevage traditionnel des ruminants au piquet, pratique moderne adaptée aux milieux insulaires
Mise à jour le 29 octobre 2011
 

Face à l’importance de l’élevage au piquet en Guadeloupe et en Martinique, l’Inra a développé des recherches sur cette pratique. Les atouts et contraintes ont pu être analysés, afin de proposer des innovations appropriables par les éleveurs.

 

Le contexte des systèmes d’élevage.
Aux Antilles, la pratique d’élevage traditionnelle des ruminants au piquet est largement ancrée en dépit des incitations à d’autres modes d’élevage plus intensifs. Dans le contexte actuel, cette conduite traditionnelle peut être être d’une grande modernité car elle est très souple. L’enjeu majeur pour l’élevage en régions chaudes est en effet de s’insérer dans des systèmes de production durables, résilients face au changement global, permettant de répondre à la demande en produits animaux, et en respectant l’environnement.

Qu’a fait l’Inra ?
Cette pratique a été étudiée par voie d’enquêtes et d’expérimentations, ce qui a permis de mettre en évidence son intérêt pour la gestion des troupeaux. Il est en effet possible de jouer sur les fréquences de déplacement des animaux, les longueurs de chaîne ou le parcage nocturne (pour la fabrication et la vente de fumier).

Les atouts mis en évidence.
- Un faible niveau d’investissement en matériel de clôture.
- L’exploitation efficiente de superficies diversifiées, réduites ou non valorisables pour d’autres productions (en friche, pentues, empierrées, inondables comme les arrières de mangrove).
- L’ajustement individuel des surfaces aux besoins des animaux, au moment de la reproduction, ou à l’engraissement.
- La souplesse de gestion en saison sèche, avec la distribution possible au piquet d’aliments complémentaires.

Cette conduite répond bien aux objectifs de production des éleveurs, qui diversifient souvent leur production agricole, ou développent une autre activité non agricole. Cette diversification est un facteur de sécurisation qui permet de maintenir un revenu global stable et confère aux systèmes de production une souplesse, une autonomie et une capacité de résistance aux fluctuations du marché. L’élevage n’en est pas moins rentable, avec des productions de viande estimées à 350-500 kg de poids vif/ha/an, pour un coût de production minime.

Les inconvénients.
Ils résident dans les déplacements individuels et quotidiens, qui s’amplifient rapidement avec la taille du troupeau à gérer. Mais des solutions telles que l’apprentissage des jeunes, la préparation de champs de piquets et le recours à la main d’œuvre familiale, peuvent réduire cette contrainte.

Retombées.
Cette conduite a par ailleurs constitué un outil de choix pour mieux comprendre et valoriser l’utilisation des prairies locales par les ruminants. Elle a aussi favorisé le développement d’outils de diagnostic pour évaluer l’alimentation de ruminants en conditions
naturelles.

• Ce produit vous intéresse ? Contactez l'INRA

Type de résultat :

Procédé bio-technique

Avancée du sujet :

Projet en cours

Condition d’utilisation :

Domaine public

Impression de la fiche :

Version imprimable de cet article Version imprimable

Enjeux :

Gestion des ressources

Politiques et territoires

Concepteur(s) :

Gisèle ALEXANDRE

Maryline BOVAL

Ode COPPRY